Vous allez vous marier, dans un mois, dans un an, et vous préparez la cérémonie.
Votre mère dit: "De mon temps, le jeune homme demandait la main de la jeune fille au père de celle-ci" ou encore "De mon temps, le mariage se passait au domicile des parents de la mariée" etc....
Mais, de son temps, les cérémonies de mariage n'étaient pas tellement différentes de celle que vous allez connaître.
Par contre, au cours des siècles qui nous ont précédés, le mariage, tout en gardant des traditions très anciennes, a subi une évolution étonnante, dont nous vous donnons une petite idée ci-dessous.
La conception chrétienne du mariage, telle que nous la connaissons encore aujourd'hui avec des modifications, a été une nouveauté très importante et a marqué un changement radical dans l'union entre les époux.
Convoler, au temps de l'ours des cavernes...
Saura t-on un jour ce qui décida l'homme à inventer le mariage, plutôt que de se contenter de virevolter d'un(e) compagne(on) à une autre ?
Peut-être a t-il été poussé par des raisons politiques, sociales ou économique ?
Ou peut-être le désir d'élever les enfants nés de son union ?
Il y a 35.000 ans, l'homme préhistorique n'était sans doute pas un être mal léché et rustre, sans aucune organisation. Peut-être que des consignes respectées par tous faisaient partie de la vie des cavernes. Selon certaines théories, il semble que nos ancêtres étaient monogames... Mais, de toutes façons, nous ne pouvons faire que des hypothèses ...
Noces romaines
Dans cette société, le mariage faisait partie des devoirs du citoyen.
Les mariages étaient arrangés entre les pères des futurs époux, et bien souvent les jeunes promis ne faisaient connaissance qu'au moment de leurs fiançailles.
A cette occasion, le futur époux offrait une bague à la jeune fille.
Pour la cérémonie du mariage, la mariée était habillée de blanc, et était couverte d'un voile orangé - le velarium flammeum - et d'une couronne de fleurs. Après les accords, le père de la mariée confiait sa fille au jeune marié. Chez les Romains, la religion était omniprésente.
Il était donc très important de s'assurer la protection d'une divinité pour célébrer le mariage.
On consultait des augures (des prêtres) qui étaient chargés d'interpréter les signes.
Si ceux-ci s'avéraient néfastes, on reportait la date de la cérémonie, ou parfois même, on l'annulait.
Seulement voilà : Les "justes noces", (justae nuptiae), seul mariage reconnu par le droit, était réservé aux "citoyens romains". Ceux qui n'avaient pas cette chance dépendaient de la juridiction de leur pays d'origine.
S'ils épousaient une citoyenne romaine, leur mariage n'était pas reconnu par Rome, et leurs enfants étaient illégitimes. Il en allait de même pour un homme libre épousant une esclave.
Pour les esclaves, il existait une sorte de mariage, le contubernium, qui n'était possible qu'avec l'assentiment du maître.
Cette union pouvait également être rompue par la seule volonté du maître !
Mais cette forme d'union n'avait aucune valeur juridique.
Plus tard...
Lorsque le christianisme devint religion officielle de l'empire romain, le mariage fut essentiellement une cérémonie privée, qui se passait au domicile de la future épouse. Il donnait lieu à des réjouissances familiales, plus ou moins fastueuses selon les moyens des époux. Parfois, il y avait une bénédiction, mais cela n'officialisait en rien le mariage, qui consistait uniquement en un engagement mutuel, sans signatures ni écrits.
Mais sous les invasions barbares, l'habitude de signer un écrit, comme dans la Rome antique, disparut peu à peu. Ce qui posait, on s'en doute de sérieux problèmes, car l'existence du mariage pouvait être remise en cause, notamment par un des deux époux voulant retrouver sa liberté. Les seules preuves que le mariage avait été conclu pouvaient être apportées par des témoins, ou par le fait d'avoir vécu maritalement au su et au vu de tous.
Mariages pas très catholiques...
Les mariages secrets ou par rapt (c'est à dire sans l'accord des parents de la fille) ainsi que les divorces et les remariages étaient fréquents à cette époque.
Guillaume le Conquérant, par exemple, enleva la belle Mathilde parce que celle-ci refusait son consentement, alors qu'il en était très amoureux.
Malgré un début fracassant, le couple s'entendit plutôt bien.
Le mariage eut lieu en 1051 et les chroniqueurs de l'époque en parlent comme d'un mariage d'amour. Ce qui n'empêcha pas Mathilde de faire tapisserie !
Quant à Charlemagne, il eut 5 épouses et une demi-douzaine de concubines.
Un peu d'ordre...
Le concile de Latran, en 1215, allait permettre à l'Eglise de réglementer le mariage. Ce concile impose la publication des bans, pour éviter les mariages clandestins.
Il instaure le mariage comme sacrement, et le rend donc indissoluble, sauf par la mort d'un des époux.
Les réglementations de ce concile exigent aussi le consentement libre et public des époux. Mais il faudra encore du temps avant que le mariage ne redevienne, dans les faits, l'acte solennel qu'il était sous la république romaine.
Ce n'est qu'au 16ème siècle (concile de Trente), qu'un mariage, pour être valable, devait être précédé de la publication des bans, et célébré devant un curé et des témoins.
Les mariés devaient également signer un registre. La cohabitation sans être mariés fut interdite.
Dès lors, le concubinage et les enfants illégitimes devinrent plus rares. L'Eglise catholique avait, à cette époque, le monopole de la réglementation du mariage. Mais la révolution française va changer la donne, en instaurant le mariage civil comme seul valable aux yeux de la loi. Actuellement, le mariage civil doit toujours précéder le mariage religieux.
Sources:
"Histoire du mariage en Occident" JC Bologne Ed. Lattès
"La mariée, Princesse d'un jour" Catalogue d'exposition M.Coppens - Bruxelles 2001.
National Geographic France juin 2002
"Mariage, sexe et tradition" P.Wattier et O.Picard Plon 2002
"Notre Mariage" Florence Servan-Shreiber Albin Michel 2003
"Le Clan de l'ours des cavernes " Jean Auel 1980